30 octobre 2009

La relation entre Français et Belges francophones : une belle amitié entravée de gros clichés !



Existe-t-il une relation particulière entre les Français et les Belges ? Pour y répondre je me pencherai plutôt sur la relation entre Français et Belges francophones ; relation beaucoup plus forte et symbolique que si j'englobais les Flamands dans mon raisonnement.

Premier constat : les Belges francophones connaissant beaucoup mieux la France que l'inverse. Ce phénomène, parfois déconcertant lorsque l'on s'entend dire en France que l'on parle sûrement le belge chez soi, n'est pas inhabituel. Plus un pays est petit, plus il il sera perméable à la culture et aux influences de son ou ses grands voisins. Ainsi, si l'on suit ce raisonnement, les Canadiens connaissent beaucoup mieux les Américains que l'inverse, les Belges les Français et les Luxembourgeois les Belges.

Deuxième constat : malgré un attrait considérable pour la France et tout ce qui est français, les Belges francophones trouvent les Français prétentieux et condescendants. Et il faut dire que les Français le sont particulièrement envers les Belges justement. Ce sentiment "attrait-répulsion" est d'ailleurs très présent chez les Suisses et Canadiens francophones. Et puis, le sentiment dominant chez les autres francophones, c'est que les Français sont des gens affables, à la limite insolents, dont l'ethnocentrisme au XXIe siècle est parfois perçu comme un replis sur soi. Ce sentiment provient, entre autre, de l'habitude qu'ont les Français d'englober tous les artistes et célébrités francophones sous l'étiquette "française". De plus, le chauvinisme français passe mal dans des pays qui ont appris à composer avec d'autres communautés linguistiques où le sentiment nationaliste prédomine nettement moins comme en Belgique. Beaucoup de Belges se demandent si les mots modestie et humilité existent vraiment en France.

Troisième constat : le Belge est vu en France comme un type aimable, à l'humour surréaliste, mais complètement beauf et à l'accent à couper au couteau. Il est vrai que comparé aux Français, les Belges présentent moins bien. Les Français cherchent avant tout faire bonne impression et ils n'hésitent pas d'habiller leurs phrases de leurs plus belles parures. Le Belge, lui, parle comme s'il jetait des cailloux dans l'eau ; simplement, sans détour et parfois de manière brouillonne. Néanmoins, même si il y a certains traits reconnaissables au français de Belgique, l'accent belge n'existe pas. L'accent que s'imagine les Français est la façon dont les Flamands s'expriment en français, qui n'hésitent pas à ponctuer des 'une fois' comme en néerlandais. A Liège, un Français n'entendra jamais cet accent, mais plutôt un accent liégeois, nasal ! Comme quoi, les clichés ont la vie dure ! L'esprit brouillon et laxiste belge se voit également dans l'anarchie des constructions et des villes belges, où l'homogénéité semble être absent du vocabulaire. Si le Français est un cartésien, à l'instar des tracés harmonieux des grands boulevards de ses villes, le Belge préfère se perdre dans un dédale de genres que ce soit dans la vie de tous les jours, en politique, dans l'administration ou dans l'architecture ! Ce côté laxiste fait que le Belge de ne se prend pas assez au sérieux, tandis que le Français a tendance à se prendre trop au sérieux et à ne pas pratiquer l'auto-dérision (ce qui est souvent l'apanage des grandes nations).

Quatrième constat : culturellement, le Belge francophone est très proche du Français. Le marché belge francophone est très (si pas, totalement) dépendant de celui de la France. Les artistes, comédiens et animateurs français qui se produisent en Belgique auront un accueil tout aussi enthousiaste et chaleureux qu'en France. Comme en France, le marché belge francophone (ce qui n'est pas le cas de la Flandre) est peu perméable aux productions américaines, qui arrivent toujours avec de longs mois de retards par rapport à nos voisins germaniques et sous-titrées en français, bien sûr ! Ça ne fera pas plaisir à mes compatriotes que je le dise, mais sans la culture française et les chaînes télévisées françaises, on se ferait beaucoup plus chier en Belgique. Mais il ne faut pas oublier que des Belges contribuent à cette culture française. La culture d'hier avec les romans de Simenon et Marguerite Yourcenar (la première femme à intégrer l'Académie française), les chansons de Brel, par exemple, et la culture d'aujourd'hui, avec Benoît Poelvorde, Cécile de France, Christine Ockrent, Geluck, Virgine Effira sur le petit écran ou les romans d'Amélie Nothomb dont les ventes caracolent en-tête des meilleures ventes lors de chaque rentrée littéraire.

Cinquième constat : socialement, le Belge et le Français n'est pas pareil. En Belgique, pays du compromis où l'on maîtrise l'art de faire passer un œuf par le goulot d'une bouteille sans en briser la coquille, il règne, en général, une vraie paix sociale et les rapports hiérarchiques ne sont pas véritablement autoritaires. En France, qu'on le veuille ou non, il règne un esprit de compétition beaucoup plus fort et net (les mots concours, promotion, classe de prépa, écoles de l'excellence, l'ENA sont absents de la culture belge, nettement moins élitiste). Les rapports hiérarchiques sont très nettement établis et les tensions sociales y sont plus palpables. Dans les rapports sociaux, le doute et l'incertitude sont beaucoup mieux acceptées en Belgique qu'en France. Enfin, la culture d'opposition et de contestation permanente est mal compris par les Belges qui prônent la concertation et le compromis. Mais le Français est aussi plus vindicatif que le Belge. Nourri depuis son plus jeune âge dans un esprit 'national', héritier de la pensée des Lumières et conscient des valeurs républicaines, le Français paraît beaucoup plus engagé dans la société et fait souvent preuve d'un esprit critique très judicieux. Le Belge à côté paraît mou ; il n'aime pas revendiquer ou trop remettre en question les choses (sauf si ça touche son pouvoir d'achat, le Belge est un opportuniste pragmatique) il préfère le confort de son vaste appartement, plutôt que se mêler dans la foule pour manifester (à l'exception des syndicats et ouvriers, le plus souvent). Le Belge est moins friand de nouveautés : alors que la mise en service de vélos a été un franc succès à Paris, cette opération est un désastre financier à Bruxelles, où les gens peinent à se mobiliser et notamment parce que la mise en service des vélos a été limitée au centre historique de la ville et non à l'ensemble de Bruxelles. Enfin, l'ascension sociale est équivalente qu'on soit en France ou en Belgique, sauf dans le domaine politique où il 'est pas rare d'avoir ici des ministres qui ont à peine trente ans et qui n'ont pas forcément fait des études de droit ou de sciences po. La Belgique a un côté plus humain et malléable que l'esprit français rigide et cartésien. D'un autre côté, le Français est plus rigoureux que le Belge qui s'accommode trop facilement du moins s'en faut.

Sixième constat : L' "esprit belge" n'est pas "l'esprit français". L'esprit belge que je trouve aussi attachant qu'exaspérant, mêle masochisme, auto-dérision et attrait conscient ou inconscient pour un surréalisme inimitable, voire aberrant. Les Belges ne cultivent aucun sentiment de grandeur et aime se complaire dans cette image un peu bonasse qui les rend attachant. A contrario du Français qui cultive une grandiloquence qui prête, il me semble, tout autant à rire et qui est souvent inversement proportionnel à la qualité du résultat obtenu (un exemple : la lecture de la lettre de Guy Môquet [un des symboles de la Résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale] aux joueurs de l'équipe du XV de France lors de la coupe du monde de rugby en 2007, on ne la fait pas, encore moins à un Belge qui ne connaît que la première phrase de son hymne national !) .
En France, l'emballage prime sur tout. En Belgique, on se demande avant toute chose pourquoi emballer. Par contre, ce souci de l' "emballage" a permis aux Français de garder, chérir et conserver un patrimoine exceptionnel, exercice auquel les Belges sont anormalement peu habiles et auquel ils ne se prêtent que depuis très peu de temps. Il y a un souci du patrimoine et de sa transmission, propre à la France, qui invite au respect. Par contre, il existe un souci du compromis et de la concertation propre à la Belgique qui a permis à ce qu'aucune goutte de sang n'aie coulé entre ses différentes communautés depuis son indépendance. Moins de victimes qu'en Corse donc...

Septième constat : Il existe une vraie amitié franco-belge. En dépit des blagues bebêtes dont les Belges restent la cible privilégiée en France et des remarques sur 'l'égo surdimensionné" que les Belges s'empressent de faire aux nouveaux expats français, il existe une franche amitié entre la France et la Belgique francophone. Le facteur linguistique et culturel n'est pas étranger à cela, et malgré certaines disparités entre l' "esprit belge" et l' "esprit français", les Français et Belges suivent un modèle de vie assez proche, ce qui est renforcé par une présence ancestrale des produits français en Belgique et une connaissance assez bonne de spécialités et particularismes des produits belges en France. De nombreux étudiants français viennent en Belgique, de nombreux chercheurs belges viennent travailler en France, beaucoup de Belges partent en vacances en été en France et bon nombre sont les Français ayant déjà visité Bruxelles et Bruges.

Pour conclure, c'est vrai qu'il existera de part et autre de la frontière des idées-reçues (le Français est vantard et affable, le Belge est idiot et parle avec un sale accent), il n'y aucune raison d'alimenter ces stéréotypes et de créer de l'animosité entre deux grands partenaires culturels et économiques. La langue et une même culture nous ont uni et ont permis de nous apprécier au-delà de nos différences.

Illustrations : les drapeaux français et belge ; le coq gaulois, symbole des Français et le coq hardi, symbole des Francophones de Belgique

26 octobre 2009

La routine, c'est laid !




L'automne. Quand le ciel bas et gris oppresse comme un couvercle la ville. Quand le vent frais balaie les tapis de feuilles mortes. Quand les longs jours de clarté se réduisent comme une peau de chagrin. Quand mon âme emmêlée s'alimente de rêve.
L'automne est une saison d'introspection, où les questions existentielles s'enchevêtrent et me laissent perplexes, le plus souvent le matin, lorsque je découpe, d'un coup de regard vif, la foule que crachent les trams et trains de la capitale.
La gare du Nord et son flot de regards vides, vague de mines renfrognées, marée humaine empêtrée dans sa routine. Scène de vie d'un jour qui se succède à l'infini. Des centaines de visage des quatre coins du Royaume et du monde dans cette salle des pas perdus, qui porte bien son nom. Des pas anonymes foulant le sol crasseux. Des centaines de visage cachant des joies, des peurs, des drames, des doutes. L'odeur des croissants chauds se mêlant aux effluves des parfums et des corps ayant dormi contre l'être aimé, d'une nuit ou d'une vie. Dans cette salle, où une minute d'avance ou de retard peut faire toute la différence, le Temps ne semble jamais se suspendre. J'avoue qu'il m'arrive de ressentir parfond un profond désarroi lors de ces moments : quand la banalité d'une situation flirte avec le sentiment d'un lassant déjà-vu.
Quand j'observe la ville défiler sous mes yeux dans le train de banlieue qui me traîne jusqu'au travail, je reste silencieux. Est-ce ça la vie ? Une répétition de jours de travail qui se conjuguent à l'infini ? Cinq jours de contrainte professionnelle pour deux jours de pure liberté individuelle ?
Je me mets à rêver alors d'évasion. De soirées baignées de cocktails, de bonne humeur, d'amis affichant un sourire franc, de voyages, d'insouciance et de carpe diem. Pourtant, je suis loin d'avoir une existence terne et monotone, au contraire, j'ai la chance d'être bien entouré, de sortir, de voyager, de découvrir la vie, sans en sentir trop les contraintes pour le moment. Alors mon côté mélancolique me ferait-il passer le quotidien de la vie comme une routine insupportable ? Oui et non. Récemment, j'ai encore fait l'expérience que la vie me réserve bien des surprises et que mes sorties et voyages sont une vraie bulle d'oxygène dans une vie pourtant bien aérée, mais pas assez à mon goût. Je sais que la routine est ma meilleure ennemie. Ennemie, car elle plane comme une ombre trop présente sur le soleil de mon quotidien. Meilleure, car elle me stimule à toujours vouloir plus et exiger de la vie. De la vivre à vive allure, sans excès, mais sans regrets !
A tous les nostalgiques et mélancoliques sur qui l'automne fait pareil effet, cessez de vous poser mille questions inutiles, agissez spontanément et vous verrez que l'automne n'est pas synonyme d'ennui !

14 octobre 2009

Visiting Brussels?







Say Brussels to someone abroad, and you'll see that EU (or Europe) mostly springs to mind of the foreigners. Surprinsingly almost nothing else is commonly known about this city, except maybe the Belgian chocolates shops. It's true that the city lacks a distinctive image, unlike capitals like Paris, Amsterdam, and Roma for instance that conjure up lovely visions all over the world. The fact that Brussels is the capital of a modest and self-deprecating people doesn't help. We, the Belgians are partly to blame for that: we have just recently tried to shake off the "boring" and "grey" tag of Brussels.
However in a city where café culture is common, fine food mandatory, Art-Nouveau prolific, and surrealism deep-rooted, how can anyone find it dull? It's true that until recently, Brussels didn't go out of its way to impress. The city remains a secretive city made up by very diverse neighbourhoods and full of contrasts, and this actually what makes Brussels so unique. If you want something offbeat, this city will fit you!
Among Brussels' most intriguing qualities are its contrats and contradictions. Eurocrats and red tape operate alongside laissez-faire locals who value the city's relaxed pace and casual atmosphere. Money goes down on Avenue Louise and Boulevard de Waterloo while a few blocks away washing dries over shabby backstreets. Architecture ranges from monumental edifices like the Grand'Place and the Cinquentenaire to Art-Nouveau façades, neglected one-family houses, bourgeois mansions, and the EU's concrete buildings. It's not always easy to walk around, the weather can be lousy, and beauty is not apparent everywhere like in Amsterdam and Paris; here, you need time to track down things, but often with a good surprise as an outcome.
Putting a finger on what exactly makes a trip so good here is not easy, but most visitors come away from Brussels with a warm feeling. This may be the legendary restaurant scene or the many bars de choix where you can drink stong Belgian beers - maybe the best of the world.
Brussels is a city where Europe meets, at the intersection of Germanic and Latin Europe. The city sits firmly in the Flemish part of Belgium, but the overwhelming of its inhabitants speak French, the lingua franca of the city between locals, expats and North African immigrants. Even if the city lacks a river and well-organized urban planning, nothing of this really matters. Brussels is roguish, cheeky, full of charachter. In a world where globalisation has reduced much to blandness, Brussels' bars, cafés, restaurants, and museums have kept their identity. You'll only get truly under Brussels' skin by visting neighbourhoods rather than buildings, mixing with residents in bars and restaurants and allowing yourself to become part of the all-encompassing Brussels experience... Give Brussels its due and take time to discover - you may be smitten! Bon voyage !

Pictures (from the top to the bottom)
1. View onto Le Parc, with from one side the Belgian Parliament and the other side the Royal Palace. At the background at the right, you can see the dome of the biggest Law Courts in Europe.
2. The Town Hall called Hôtel de Ville in French or Stadhuis in Dutch (Flemish) located at one of the most impressive main square in the world, La Grand' Place.
3. Le Boulevard Adolphe Max leading to the modern Place Rogier (Sheraton Hotel and Dexia Tower)
4. Night view onto the historic centre of Brussels

11 octobre 2009

Angoisse du temps


Sur les berges d'un volcan
Sur les rives d'un lac de diamants
Sur les dunes de sable blanc
Je laisserai mon empreinte dans le Temps

Dans les torrents de soleil
Dans les montagnes aux cimes vermeilles
Dans les champs de blé aux reflets de miel
Je crierai l'angoisse du Temps qui en moi sommeille

Au bord des mers de coraux
Au regard des chutes de cristaux
Au milieu d'une gondole sur les canaux
Le Temps se fait ombre sur ma peau

Virevoltez ô pétales de lune !
Tapissez en un fin poudroiement les lagunes !

Coulez ô larmes des anges du firmament !
Enflammez l'hydre des rus et océans !

Brillez ô miroirs des illusions qui trépassent !
Faites-moi oublier les années qui passent !

Flying over Belgium / Vol au-dessus de la Belgique





30 septembre 2009

Back from my trip to Israel






Israel, called the Holy Land or the Promised Land, is both fascinating and disconcerting. The drama of this tiny country sandwiched between Egypt, Lebanon, Syria and Jordan is that this stretch of land has been promised to too many people at different times; hence the highly sensitive geopolitical situation of the country and the tensions between Israelis and Palestinians, Jews and Muslims.
As a young Western European travelling to that country, Israel remains an interesting melting pot, bridging the Western culture and Middle East's atmosphere, blending Jews from the whole world and Arabs. Israel is full of people with so many different backgrounds and different races that it feels like being in the Western world.
However, Israel is -unfortunately- always linked to politics. Few Europeans will today question the existence of the Hebrew State, but Europe doesn't have a so strong relationship towards this country as America has. Many Europeans feel there is a certain hypocrisy towards Israel, it's an awkward ally: ally, because some will say "well,many Israelis have European descendants and there is still this unshakable stigma around the Holocaust " - even among the youngsters (a stigma, which is, from an historical point of view, a fortunate sign that there is a strong emphasis in our historic classes about the internment of Jews in concentration camps in WW2 -but a clear lack about the killings in the same camps of disabled, conscientious objectors, homosexuals, Roma, and Communists). Awkward, because many Europeans also feel that a fair solution must be found for the Palestinians who have been expelled from their towns and despised by Israelis, and that the latest even want to expand the colonization of Palestinian territories. But Europeans feel that it's not really up to them to find a solution to this conflict.
Coming with these pre-established ideas in my head to the country, Israel welcomed me with its hot, sunny Mediterranean weather and I totally enjoyed my short stay in Tel Aviv. Despite the anarchic architecture of the city and the tall, irregular concrete buildings obstructing the view onto to the sea and the appealing beaches, Tel Aviv is a bustling, easy-going city whose nightlife is legendary and where locals lead an informal life, miles away from conservative Jerusalem. In a sharp contrast to Belgium, it seems that people live outside, which makes evening walks so nice.
Jerusalem is another story. Jerusalem is a symbol shared by Jews, Christians, and Muslims. Every street of the old town is full of history. There is the world-famous Western Wall, the Dome of the Rock, the Church of the Holy Sepulchre where Christ is allegedly buried. The city is pious. You can see fervent prayers and Orthodox Jews in their respective quarter of the Old Town. You can't really feel the so-called religious tensions among the different communities, but each community stands proud on its own. A visit to Israel without Jerusalem is a non sense. Even if you're not religious like me, Jerusalem will be able to stir feelings in you, thanks to its well-preserved architectural heritage.

After my travel there, I can confirm that Israel is a must on a list of every traveller. It's a unique, but highly complicate land. A country that draws its strengths and weaknesses from its paradoxes and contradictions. I shall definitely come back.

19 septembre 2009

Le luxe : un luxe chic, mais ô combien superflu !



Le luxe (lat. luxus) désigne les éléments de raffinement, par opposition aux facteurs ne relevant que de la stricte nécessité. Cet aspect d'inutilité est si marquant qu'il est à la base de l'expression péjorative « C'est du luxe ! » qui condamne un investissement déraisonnable.

Voilà la définition donnée par une encyclopédie en ligne bien connue. Le luxe a toujours fasciné et fascinera encore de nombreuses générations. Le luxe est indéniablement associé à la richesse. Le luxe se mêle entre superflu et abondance pour donner le sentiment d'aisance matérielle et financière. Cette sensation aurait été fixée par Voltaire lui-même dans son poème Le Mondain, où il avance une formule quelque peu étrange : « Le superflu, chose très nécessaire ».
La langue française est, d'ailleurs, truffée d'expressions et de mots qualifiant le luxe et la propension aux choses belles et chères. Ne dit-on pas « Le vrai luxe, c'est de...» ou « Ouah, c'est Versailles ici ! C'est bien chic !», mais aussi « Je suis pas Rothschild ! » ? Le luxe est présent dans tous les domaines où le plaisir et l'envie de posséder priment. Certaines personnes, touchées par une vraie frénésie du luxe, développent véritablement ce que d'aucun appellent le goût du luxe.

Toujours selon cette très chère (et non, je ne fais aucune référence ici à un coût quelconque !) encyclopédie en ligne, le luxe favorise la créativité et l'innovation technique, il stimule les multiples secteurs d'activité qui peuvent conforter tout "consommateur" dans le sentiment qu'il jouit d'une certaine aisance et d'un certain goût. De plus, quand le luxe - quoique toujours un peu élitiste et exceptionnel - peut se concilier avec les séductions de la mode, il incite à des achats de renouvellement qui peuvent ne plus correspondre à aucun besoin réel mais s'avérer très favorables au commerce.

Décrié par certains, chéri par d'autres, le luxe ne laissait personne indifférent, même au temps des Lumières. Certains, comme Diderot, voyait en lui une façon de ruiner les riches et de redoubler la misère des pauvres, alors que d'autres, comme Voltaire, voyait en lui un signe de bon goût, de raffinement et d'esprit. La France, et singulièrement la Cour de Versailles, jouissait d'une aura qui dépassait les frontières hexagonales. Très vite, Paris est devenu la capitale européenne, puis, mondiale du luxe et accessoirement de la mode (même si elle se voit talonnée de près par Milan). Rivalisant toujours de plus de fantaisie, de coquetterie, mais aussi de préciosité, le luxe a acquis dans les milieux français les plus aisés, au XVIIIe siècle, un engouement sans précédent. Mais il faudra attendre véritablement le XIXe siècle pour que les premières boutiques de luxe fassent leur apparition, proposant des produits tels que des bibelots en cristal, des parfums aux effluves délicates, des tenues pour les dames et des denrées rares. C'est ainsi que, forte d'une tradition et d'un savoir-faire toute personnelle, Paris devint le haut lieu du luxe et de la mode. Mais c'est surtout au XXe siècle que ces petits commerces familiaux vont devenir de grandes entreprises mondiales, pour ensuite former de véritables multinationales proposant des produits de luxe partout dans le monde.

Aujourd'hui, décomplexé, le luxe s'arbore sous toutes les formes : montres, parfums, accessoires, sacs à main, bijoux, vêtements, stylos, séjours paradisiaques, cosmétiques, cigares, grands crus, épiceries fines, limousines, casions sélects, etc. Cette propagation du luxe, renforcée ces dernières années par des campagnes de publicité et des coups de marketing les plus audacieux les uns que les autres, a donné - erronément- l'idée que le luxe était destiné à tout à chacun et pour toutes les bourses. Cependant, le lèche-vitrine des boutiques du luxe sur les artères des grandes villes reste, lui, totalement gratuit, et à ce prix-là, on aurait tort de ne pas en profiter. Car si le luxe fait rêver et qu'il fait écarquiller nos yeux d'envie (éphémère ?), une fois l'acquisition faite de l'objet ou du produit tant convoité, celui-ci perdra instantanément de son charme et de sa magie. Mais le luxe, c'est aussi ça : un grand rêve, mais inabordable pour beaucoup d'entre nous !

9 septembre 2009

Mes lectures...


Habituellement, quand on me pose comme question "Qu'est-ce que tu fais de ton temps libre ?" -ou la variante- "Tu as quoi comme loisirs ?", j'essaie d'éluder cette interrogation du mieux que je peux : de un, parce que cette question m'ennuie - et bien que je ne remette pas en question l'intérêt de mon locuteur sur ma vie, cette question m'irrite au plus haut point ; de deux, parce que mes goûts éclectiques ne me permettent pas de donner une réponse univoque que l'on attend comme : la peinture, le vélo, le cinéma, etc. (Néanmoins, aucune autre question ennuyante pourra détrôner l'ultra banale "T'écoutes quoi comme musique ?", question à laquelle je décerne la palme d'or des "questions qui me font chier").
Pour revenir à la questions sur mes activités extra professionnelles, je réponds toujours d'un air faussement convaincant : les langues étrangères et la lecture. Sans plus. Parfois j'ajoute l'une ou l'autre activité, selon le locuteur, le contexte ou mon degré de sociabilité. La lecture.. réponse fourre-tout, qui à l'instar de 'je joue aux échecs' dénote un intérêt pseudo-intellectuel.
Mais attention : il y a lecture et lecture. Le fan de BD ne sera pas perçu comme étant un intellectuel à côté d'un féru de pamphlets littéraires et d'essais de philosophie. Mais, l'un n'empêche pas l'autre. Et l'intrus qui aurait la chance de pénétrer dans ma chambre pourra le vérifier aisément en parcourant rapidement les livres, bouquins, guides qui jonchent sur les six étagères de ma bibliothèque : une étagère dédiée entièrement aux langues étrangères, guides linguistiques, dicos de poche, grammaires, livres d'argot et exercices de traduction et version. Une autre aux livres et guides touristiques, aux atlas, livres sur la géographie et la géopolitique. Une autre à la littérature et aux livres de poche : c'est la seule étagère où des changements interviennent avec le temps. En bon Belge qui se respecte, la collection des Tintin traîne en maître sur la quatrième étagère qui tolère d'autres BD en tout genre. La cinquième étagère, quant à elle, c'est pour les guides touristiques et bons plans à Bruxelles, dans le reste de la Belgique, à Paris, en France ainsi qu'aux Pays-Bas. Juste à côté on y retrouve des livres et ouvrages sur l'orthographe, la linguistique et l'évolution de la langue française. Enfin, il y a la partie réservée aux livres en langue étrangère (anglais, allemand, néerlandais et suédois), sans oublier ma collection des livres de l'écrivaine belge Amélie Nothomb. Il m'en manque trois. A acheter d'urgence !
Alors, oui, je dévore les livres. Il arrive souvent que j'en commence plusieurs en même temps et que je ne termine pas certains. Il y a quelques années de cela, je n'aurai jamais imaginé ne pas terminer la lecture d'un livre. Par respect naïf pour l'auteur et par fierté d'arriver jusqu'au bout. Maintenant, je ne m'entrave plus de telles fioritures et principes factices. Et si c'était à refaire Madame Bovary de Flaubert aurait déjà valsé à la poubelle à la dixième page si je devais découvrir ce roman aujourd'hui.
Aujourd'hui, je suis fier de dire que les livres font partie de ma vie ainsi que les magazines d'informations et journaux qui jonchent chaque semaine le sol de ma chambre. La lecture m'a aidé à me construire, à réfléchir, à critiquer, à voyager mentalement lors de soirées et trajets monotones, à rêver et à grandir. Même à rire. Même à pleurer. Des fous rires des pièces de Molière, aux sourires des gags dans les BD, aux pleurs face à la cruauté et imbécilité humaine décrites dans certains ouvrages, aux doutes, aux questionnements, la lecture m'a voyagé dans les émotions humaines. Certes, il y en a de meilleurs que d'autres. Certes il y a eu certaines déceptions. Certes, certains étaient trop courts. Mais rien de cela ne compte aujourd'hui : la lecture est ma nourriture mentale et spirituelle et sans eux, ma vie serait sans relief !

1 septembre 2009

Pourquoi ? Parce que !


La scène eut lieu hier sur le chemin du retour, à deux pas de chez moi. Pressant le pas pour dépasser un jeune homme semblant naviguer honteusement sur toute la portion du trottoir, et sa fille de cinq ans, très occupée - et donc, très lente, à mon goût - à déballer un fruitella, je fus interloqué par la bribe de conversation, ingénue et très spontanée, captée au détour d'une scène de vie comme je les aime. Le père, apparemment impressionné par l'appétit féroce de sa fille, lui demanda, étonné, si elle avait mangé tous les bonbons. La petite fille, toujours aussi absorbée par le bonbon qu'elle tenait de ses deux mains, lui accorda une réponse laconique, mais criante de vérité : "je les ai mangés". Puis, silence. Choc. Un. Deux. Trois, la réponse fusa : "Quoi ?!, tu as mangé tous les bonbons ?!, mais tu les avales ou tu les mâches avant ?". Pas de silence, la réponse fila du petit esprit agile : "Je les avale !". Le père rétorqua : "Mais tu dois les mâcher, avant de les avaler !". Mes pas cédèrent à la curiosité et feignant de chercher mon portable dans ma poche, je ralentis la cadence, avec le même plaisir qu'aurait eu en cet instant un pédopsychiatre. La petite contre-attaqua : "Mais pourquoi je dois les mâcher avant de les avaler ?". La réponse décevante, mais, ô combien prévisible, tomba comme un éclair dans un lac de quiétude : "Parce que !". Face à l'ineptie et à l'insanité de cette réponse, hautement constructive accordons-le (hum..), mon corps se raidit et des images de mon enfance déversèrent mon esprit, comme une douche froide. S'il y a une chose dont je me rappelle distinctement de mon enfance et de toutes les étapes freudiennes inimaginables, c'est la frustration d'avoir eu, à de rares occasions, servi sur un plateau d'argent ou d'un sac comme tour de passe-passe, un "parce que" tout anodin, tout cela en réponse à une question, que, sans nul doute, je tenais pour pertinente afin d'alimenter mon esprit curieux et avide de connaissances. "Parce que ! " ou pis encore, "parce que c'est comme ça" ou "parce que je te le dis", des réponses qui ont véritablement giflé mon esprit. Néanmoins, je dois avouer que j'ai rarement entendu ces mots prononcés de la bouche de ma famille, ni de mes institutrices d'ailleurs. Le "parce que", malgré sa fréquence réduite, reste une déchirure dans mon âme, une cicatrice. Je la croyais pansée, mais elle est revenue dans mon esprit, un peu comme je ressens soudainement à un endroit des effluves d'un parfum que je n'avais plus senti depuis des années...
S'il fallait trouvait une morale à cette histoire et bien je dirais : Ne mangez point de bonbons dans la rue ! "Pourquoi ?" me diriez-vous.... "Parce queeeeeuuuuuhhhhhh, est-ce que je dois vraiment vous répondre ?"